Qu’est-ce que l’endométriose ? Quelles répercussions sur le système urinaire ?

Qu'est-ce que l'endométriose ?

Qu'est-ce que l'endométriose et quelles sont ses répercussions sur le système urinaire ?

L’endométriose est une maladie qui touche les femmes et exclusivement les femmes car il s’agit de la migration des tissus de la muqueuse de l’utérus (l’endomètre) vers la cavité abdomino-pelvienne où elles vont se développer. 
 

Ces tissus de l’endomètre, quelle que soit leur localisation, réagissent aux fluctuations hormonales du cycle menstruel. Ainsi, ils se forment et saignent chaque mois.

Cependant, lorsque ce tissu se situe à l’extérieur de l’utérus, comme c’est le cas chez les femmes atteintes d’endométriose, les saignements n’ont aucune issue vers l’extérieur du corps. Le sang et les cellules endométriales qui se détachent peuvent irriter les organes avoisinants et le péritoine (la membrane qui renferme les organes de l’abdomen). Cela peut aussi entraîner la formation de kystes (de la taille d’une épingle à celle d’un pamplemousse), de tissu cicatriciel, ainsi que des adhérences qui relient les organes entre eux et causent des douleurs chroniques.

Sont concernées 5 à 20 % des jeunes femmes (18-35 ans), souvent avec des antécédents familiaux pré-existants. 

Est-ce une maladie grave ?

L’endométriose est-elle une maladie grave ?

L’endométriose se traite. A ce titre ce n’est pas une maladie grave, cependant elle représente la première cause d’infertilité chez la femme. Néanmoins, toutes les formes ne sont pas identiques et certaines femmes auront une forme moins agressive que d’autres et pourront avoir des enfants.

Le diagnostic est souvent difficile à poser, la douleur intervenant souvent au moment du cycle menstruel, voire certaines femmes ne ressentant aucune douleur.

Quels organes peuvent être impactés ?

Quels sont les organes pouvant être impactés ?

Les tissus d’endomètre peuvent se former :
            -sur les ovaires
            -sur les trompes de Fallope
            -sur les ligaments soutenant l’utérus
            -sur la surface externe de l’utérus
mais aussi sur :
            -les intestins
            -la vessie
            -les reins

Compte-tenu des organes impactés et des douleurs pouvant survenir de façon chronique, ces symptômes ont un impact majeur sur la qualité de vie des personnes atteintes avec un retentissement important sur leur vie personnelle et conjugale mais également professionnelle et sociale.

Quels sont les symptômes ?

Quels sont les symptômes de l’endométriose ?

Ils vont dépendre de la forme avancée ou non de la maladie et de sa gravité. Mais de façon générale, les patientes décrivent :

  1. des douleurs dans le bas-ventre qui peuvent irradier jusque dans le bas du dos. Cette douleur est progressive et peut différer d’un côté ou de l’autre. Elles peuvent se confondre avec les crampes menstruelles ;
  2.  durant les menstruations, ces douleurs peuvent s’accentuer au moment d’uriner ou lorsque les intestins sont perturbés (diarrhée, constipation). Il en est de même au moment des rapports sexuels ou au moment de l’ovulation.

A noter : l’intensité de la douleur ne permet pas de juger de l’étendue ou de la gravité de la maladie. La gravité des symptômes dépend davantage des endroits où les lésions d’endométriose sont situées, ainsi que de leur taille.

Autres symptômes : fatigue, irritabilité voire dépression (en raison de la chronicité des douleurs) ; pertes brunâtres prémenstruelles ou taches ; sang dans les urines ; sang dans les selles ou saignement rectal durant les règles.

Il est important de consulter un médecin rapidement lorsque des symptômes d’endométriose se manifestent, car plus la maladie est diagnostiquée tôt, mieux elle est traitée. Cela décroît aussi les risques d’infertilité. A noter que les symptômes mentionnés ci-dessus peuvent trahir un autre trouble du système reproducteur, la présence de kystes ovariens, par exemple. Une échographie pelvienne permettra de les détecter rapidement.

Définitions de la HAS et du CNGOF

Quels troubles de la continence ?

Endométriose et troubles de la continence

Les troubles fonctionnels urinaires en cas d’endométriose profonde (rétention ou fuites urinaires) sont fréquents (jusqu’à 50 % des patientes) bien qu’ils passent souvent au second plan en raison de l’intensité des douleurs pelviennes.


Ils font suite à des lésions du système nerveux autonome pelvien ou  traumatismes chirurgicaux lors de l’ablation chirurgicale des lésions au niveau du rectum ou du vagin.

Il s’agit principalement de troubles de la sensibilité et de la vidange vésicale. Ces troubles peuvent impacter la qualité de vie des patientes et être responsables de complications à plus long terme (infections urinaires à répétition sur un résidu post-mictionnel persistant ou troubles de la statique pelvienne du fait d’efforts de poussée chroniques). À ce jour, le traitement de référence des rétentions urinaires après chirurgie reste la réalisation d’auto-sondages. 

On distingue l’ «endométriose vésicale » et l’ « endométriose urétérale ».

L’ « endométriose vésicale » se caractérise par des nodules (lésions fibreuses) ayant tendance à infiltrer la vessie. Elles entraînent :

  • des douleurs pelviennes et urinaires
  • des dysuries (difficultés pour vider la vessie)
  • une pollakiurie (envie fréquente d’uriner)
  • la présence parfois de sang dans les urines

Les femmes parlent souvent de symptômes rappelant l’infection urinaire mais avec un examen cytobactériologique des urines (ECBU) négatif.

L’ « endométriose urétérale » englobe, étrangle ou infiltre les uretères, généralement sous forme de nodules. Le risque principal est que le diamètre des uretères soit rétréci, que les urines s’accumulent en amont de l’obstacle, entrainant une hyper pression dans le rein avec un risque infectieux majeur. Cette forme d’endométriose impacte fortement la qualité de vie des femmes atteintes.

A noter : l'Institut Franco-Européen de l'endométriose