Journée mondiale de l'endométriose

Journée mondiale de l'endométriose

A l’occasion de la journée mondiale de l’endométriose, référence santé met en avant les données clés de cette maladie, récemment reconnu comme ALD (Affection Longue Durée). L’endométriose est une pathologie qui coute 10,6 milliards d’euros par an à la France. Soit un cout moyen de 7612 euros par patiente. (1)

Ce chiffre comprend les couts directs médicaux ainsi que les couts indirects de perte de productivité dus à une détérioration de la qualité de vie liées à l’endométriose non traitée.

Tableau des couts associés à l'endométriose à prendre en considération (1)

Couts directs médicaux  Couts directs non médicaux  Couts indirects
Médicaments Actes diagnostiques Actes chirurgicaux Professionnels de santé Autres    
Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) Contraceptifs par progestatif seul (contraception progestative) Pilule contraceptive de type combiné Danazol Gestrinone Analogues de la GnRH Traitement hormonal substitutif Stérilet Mirena Le citrate de clomifène ou Clomid Gonadotrophine Antibiotiques Antidépresseurs inhibiteurs de l'aromatase Echographie (endo-vaginale, abdominale, rectale) Echographie (rénale) Imagerie par résonance magnétique (IRM) Tomodensitométrie (TDM) Urographie intraveineuse (UIV) Lavement baryté Sigmoïdoscopie Biopsie et étude histologique (endométriose vaginale, endométriose péritonéale, endométriose ovarienne, endométriose digestive) Marqueurs sériques (CA 125) Bactériologie/ culture Cœlioscopie (diagnostique, thérapeutique) Laparotomie Colposcopie Aspiration kystique guidée par échographie Hystéroscopie Hystérectomie Cystectomie ovarienne Adénectomie Ovariectomie Salpingectomie L'adhésiolyse Résection d’endométriose de la cloison recto vaginale Résection d’endométriose vésicale Résection antérieure basse Résection segmentaire digestive Appendicectomie Résection caecale Résection de l’intestin grêle Colostomie Réimplantation d’uretère urétéro-urétérostomie Néphrectomie Electrocoagulation d’endométriose péritonéale Généraliste Gynécologue Infirmière Urologue Gastro-entérologue Anesthésiste Radiologue Personnel du bloc opératoire Hématologue Kinésithérapeute Psychiatre Passage au service d’urgence Hospitalisation Médecine alternative (ex. Homéopathie, acupuncture, nutrition) FIV IIU Stimulation hormonale Transport pour visite au professionnel de la santé Frais de garde d’enfants lors des traitements Absence du travail (absentéisme) Productivité au travail altérée (présentéisme) Diminution de la capacité à accomplir les activités quotidiennes

L’endométriose est une maladie gynécologique qui se caractérise par la présence d’endomètre en dehors de la cavité utérine. L’endomètre réagit aux variations hormonales du cycle menstruel, ce qui provoque des saignements, nodules, et réactions inflammatoires. (1)

En raison d’un manque de signes cliniques déterminés et de diagnostiques ciblés, l’endométriose fut longtemps une maladie méconnue. Ce manque de connaissances engendre un retard de diagnostique d’en moyenne 7 ans entre la première apparition des symptômes et le diagnostic officiel. (3)

En plus des conséquences économiques, le retard de diagnostic engendre une augmentation des complications physiques graves comme l’atteinte d’organes par des lésions endométriosiques, des occlusions ou des infertilités par exemple.

Plus la prise en charge est tardive, plus les conséquences seront graves et les examens cliniques couteux. En effet, il y a une corrélation entre le moment de la prise en charge et la gravité des symptômes post opératoire, l’infertilité, et l’efficacité des traitements.

Il existe également un cout psychologique et social qui n’est pas négligeable concernant cette maladie dû à la baisse de productivité et l’infertilité engendrée notamment. Il faut noter que la qualité de vie est 26% inférieure comparée au reste de la population. Lors d’une étude se concentrant sur un échantillon de femmes souffrants d’endométriose, 51% d’entre elles déclaraient que cette maladie avait affecté leur vie professionnelle, dont 12% ayant quitté leur travail, 1% ont changé de travail, et 33% qui ont réduit la durée de travail. (1)

Pour détecter rapidement cette maladie il est préférable de connaitre les principaux symptômes que sont : la dysménorrhée, la dyspareunie, les douleurs pelviennes, les troubles urinaires et digestifs, ainsi que l’infertilité. Apres consultation, il est nécessaire de faire des examens complémentaires pour confirmer le diagnostic avec un examen coloscopique par exemple. (2)

Depuis près d’un an maintenant cette maladie commence à susciter plus grand intérêt, par le gouvernement par exemple qui a lancé en mars 2021 l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose. Cette stratégie à pour but de reconnaitre les conséquences de l’endométriose et de mieux accompagner les femmes qui souffrent tous les jours de cette maladie en faisant développer la recherche à ce sujet. (1)

Les études et avancés en cours pourraient changer considérablement la perception de cette maladie en améliorant le diagnostic et la prise en charge. Le 11 février 2022, l’annonce d’un test salivaire par une start-up lyonnaise a fait réagir bon nombre de scientifiques sur l’espoir d’un nouveau type de diagnostic plus rapide qui pourrait le réduire à quelques jours. En effet, ce test permettrait de réduire la durée du diagnostic mais également le prix et le coté invasif des examens complémentaires (endoscopies…). Ceux-ci seraient donc réservés qu’aux personnes positives, afin de confirmer le diagnostic du test salivaire. (5)

Les résultats et les bénéfices de cette innovation sont très intéressantes mais restent limités méthodologiquement. L’étude a été effectué que sur un faible échantillon de femmes (200) sans savoir le stade d’endométriose dont elles souffraient. (5)

Les avancés progressent également au niveau des traitements. (6)

Avant, le traitement principal de l’endométriose consistait en une chirurgie lourde et invasive d’une durée de 4 à 6 heures qui entrainait de nombreux problèmes comme des troubles urinaires et la pose d’un anus artificiel (1 cas sur 2).

Maintenant, une procédure plus douce, sans cicatrice et sans stomie fut mise en place et est développée. La bonne idée d’un gynécologue de Lyon fut d’utiliser des ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) pour traiter les lésions d’endométriose vers le rectum, ce qui concernent 1 cas sur 5. Depuis quelques années, il mène des études pour montrer l’intérêt de cette nouvelle technique et sa prise en charge.  (6)

La journée mondiale de l’endométriose et cet article ont pour but de montrer la nécessité de faire avancer la recherche sur cette maladie et de sensibiliser les patients et les prescripteurs aux symptômes et avancés scientifique

Infographie Endométriose

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